Derniers jours dans le pays au million d’éléphants, alors on ne résiste pas au plaisir de les voir encore, peut-être pour la dernière fois dans de telles conditions.
Je me réveille et je me dis que ce matin, je ne vais pas seulement accompagner les enfants et Angela mais que je vais, moi aussi, voir le beau paysage du Laos comme je ne pourrais jamais le voir : de l’intérieur. Je ne serai pas à la lisière de la forêt mais dans la forêt, je ne serai pas au bord de l’eau mais sur l’eau ; et enfin, le gâteau devant moi, je pourrai le manger !
C’est à 10 heures que le van vient nous chercher devant notre guest house. Nous avons eu bien le temps de prendre un petit déjeuner roboratif et prenons la direction de Vientiane. Et au bout de 25 minutes nous tournons à gauche sur une piste de terre battue.
Environ 5 km plus loin, le van s’immobilise devant la rivière Nam Kan. C’est splendide ! La nature sauvage est fantastique : les gorges de la rivière sont bordées par la jungle tropicale ; nous sommes au milieu d’une forêt de tecks. Le plus impressionnant est le calme, un silence palpable.
Retour à la réalité ; notre guide nous montre où sont les éléphants : de l’autre côté de la rivière ! Je regarde dubitativement arriver notre bateau… heu, notre pirogue : 80 cm de large pour 6 à 7 mètres de long… le tout propulsé par un long mât et une hélice au bout.
Trois hommes soulèvent Tornado, et les roues se retrouvent coincées entre deux cale-pied mais j’y suis sur cet esquif !
Nous commençons à naviguer ; j’ai vraiment cru, et à plusieurs reprises, que nous allions dessaler ! Le bateau tangue et l’équilibre est précaire. Les sensations sont pour moi d’autant plus fortes que je suis perché en hauteur, sur ma monture !
Mais, mon calvaire n’est pas terminé LOL : encore une longue pente super-raide, puis l’escalade de la plate-forme pour arriver à la hauteur de la nacelle, et enfin le transfert sur la nacelle. Mais l’équipe est formidable et les petits jeunes me soulèvent, me portent et me reposent. Moi, qui d’habitude déteste être un paquet : aujourd’hui c’est différent, c’est pour la bonne cause !
Enfin, j’y suis !!!! C’est GENIAL, MAGNIFIQUE, FORMIDABLE !!!! Jusqu’à la dernière minute, je m’étais préparé à ce que l’on me dise que finalement, je ne pouvais pas monter sur l’éléphant. Mais j’y suis et je suis heureux.
C’est inouï cette impression de force tranquille. Je suis bercé à 3 mètres du sol au rythme de ses pas. On dirait que rien ne pourrait l’arrêter. Son cornac descend par moments, en profite même pour piquer une petite tête dans la rivière. Le moment est vraiment magique.
Le retour fut pire que l’aller, dans le sens où je savais déjà ce qu’il allait se passer ! La pente est tellement raide qu’il faut la prendre à l’envers…en reculant ; puis retour dans la pirogue ; il y a même un moment où je ferme les yeux tellement ça penche !
Enfin la terre ferme… Ouf, pas de baignade involontaire pour moi !
Mais que c’était bien !!! Petite aparté, qu’on se le dise, Hannibal est bientôt de retour….