Nisay est notre taxi-driver et dans notre van, nous empruntons la route du sud, la nationale 2 direction Takéo. Il a deux enfants de 2 et 5 ans : il aimerait en avoir plus mais sa femme est trop vieille, nous dit-il, elle a 40 ans...
Nous traversons l’agglomération de Phnom Penh. Les cyclos grouillent, le bébé baille entre son père et sa mère ; ça téléphone, le mobile coincé entre l’oreille et le casque et tout cela en roulant. Un vélo transporte tous les balais, toutes les pelles et toutes les passoires qu’il peut transporter. Il ne pourrait en porter plus ! Sur le bord de la route, une femme lime les ongles de son homme tranquillement avachi et à moitié endormi…
Nisay nous propose de visiter le charnier Choeng Ek de S21 mais nous refusons : la visite de la prison nous a suffit.
Il nous explique que nous sommes à la saison sèche qui dure 6 mois de mi décembre à mi juin.
Nous croisons des femmes qui portent le Krama sur la tête. C’est un tissu en coton de forme rectangulaire plus ou moins grand et aux motifs quadrillés. Ils peuvent être de toutes les couleurs. Les femmes l’utilisent comme plaid, écharpe, pour porter le bébé, se protéger les cheveux ou même comme hamac.
Des centaines de nénuphars sont fleuris le long de la route. Notre première halte est la visite du temple « Ta Phrom » à Tonlé Bati. En ruine, c’est un petit temple datant de la fin du XIIème siècle perdu au milieu de la végétation. Dés que nous descendons du Van, des petites filles viennent à notre rencontre pour nous vendre des bâtons d’encens. Elles sont très jeunes mais se débrouillent déjà très bien en Anglais. En discutant avec elles, nous apprendrons plus tard que l’école s’organise par demi-journée et qu’elles n’ont cours que l’après-midi. Petit atelier confection de bracelet par tissage ou scoubidous de feuille de bananier. Pas d’argent mais des bonbons et puis Bernard organise des Batailles de pouce du plus grand effet !
Nous rencontrons un jeune homme de 23 ans sur son vélo là-bas. Son sourire éclatant nous fait penser combien les cambodgiens sont gentils et avenants.
Patrick entame la conversation et nous le suivons. Le jeune homme parle un peu français et il nous dit qu’il a appris à l'école puis rapidement, il nous demande si nous pouvons l’aider. Comment ? En l’aidant à obtenir un visa pour venir en France. Nisay ne comprend pas pourquoi beaucoup de jeunes cambodgiens cherchent à partir de leur pays mais nous représentons pour eux la réussite, la richesse qu’ils n’ont pas même si leurs idées sont fausses. Je lui conseille d’aller à l’ambassade de France où j’ai lu qu’une affiche indiquait que des bourses sont décernées aux étudiants cambodgiens méritants et voulant venir étudier en France. Son regard m’a profondément émue…
Nous redescendons les marches et rouges de chaleur, nous faisons sourire un groupe de jeunes gens à notre passage et nous rions avec eux tellement cette chaleur est pour nous suffocante. Comment font-ils avec des manches et parfois même des pulls pour ne pas transpirer : un mystère !
Au pied du temple, une bâtisse où des jeunes écolières viennent gagner un peu d’argent pour aider leurs parents à payer les études en tissant des étoles de soie. Elles sont payées 1$ la pièce et il leur faut un à deux jours pour la confectionner.
Ce soir, nous dormons à Kep, une petite station balnéaire. Après avoir entonné quelques chansons françaises, nous dégustons un banana shake confortablement installés dans des hamacs, la nuit tombe au son des vagues. Un pur bonheur !
Laurence oublie son appareil photo. Nous revenons trente minutes après, affolées, dans un tuk-tuk à qui nous avons expliqué la situation. A notre arrivée, avant même que nous ne disions un mot, un jeune homme nous tend l’appareil. Il se trouvait en compagnie de ses amis. Nous le remercions chaudement et, contentes et rassurées, nous reprenons notre tuk-tuk qui est encore plus content que nous ! En regardant l’appareil, rien ne manque et nous avons même le portrait de ces jeunes gens si honnêtes : ils se sont pris en photo ! LOL
sur l'avant-dernière photo au soleil couchant, on dirait une sirène sur le rocher.
RépondreSupprimer